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Biomécanique des flexions

Publié le 10 août 2005

Par le rapprochement des deux extrémités d’un axe, le corps effectue une « fausse flexion » ou une « grande flexion ». La première favorise le redressement du dos tandis que la deuxième étire et assouplit en profondeur une grande partie du système musculaire.

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I – DÉFINITION

La flexion est le fait de rapprocher les deux extrémités d’un arc, dans le sens de fermeture de la concavité de cet arc. Ainsi, tenant compte des courbures vertébrales, certains auteurs définissent des mouvements de flexion par zones, allant dans le sens de l’exagération de la courbure. Les mouvements de redressement sont alors définis comme des extensions. De nombreuses études biomécaniques des mouvements du corps nous parlent de flexions dorsales ou de flexions ventrales.

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Dans la flexion du corps, nous devons considérer également deux flexions : une flexion dans laquelle le tronc est maintenu droit en position de correction – il s’agit en fait d’un mouvement de flexion limité presque uniquement à la hanche que l’on nomme « fausse flexion », et une flexion à laquelle le tronc participe en s’enroulant. Il y a alors fermeture complète vers l’avant.

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II – ANALYSES BIOMÉCANIQUES

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Dans la flexion du tronc que nous avons appelée « fausse flexion » ou encore flexion du tronc sur les membres inférieurs, le mouvement se situe exclusivement dans les articulations coxo-fémorales. Tronc et tête restent dans le prolongement du bassin. La force du mouvement provient de l’action de la pesanteur. Les muscles interviennent plutôt comme antagonistes et freinent la flexion le moment venu. Le tronc est un levier du premier genre ; son point d’appui est situé aux articulations coxo-fémorales ; la puissance a son point d’application au centre de gravité de la partie haute du corps, quand les bras sont le long du corps, plus haut si les bras sont vers la tête. La résistance des muscles extenseurs du bassin sur la cuisse effectue son point d’application en arrière du bassin, au point d’insertion des muscles soutenant la flèche de grue que représente le haut du corps.

Le centre de gravité g de l’ensemble du corps est situé au départ, comme chacun sait, dans le petit bassin. Au fur et à mesure que le mouvement est mis en place, ce centre se déplace vers le thorax. La projection de g se rapproche de plus en plus vers l’avant et l’équilibre du corps serait très vite instable et même rompu sans l’intervention d’une inclinaison vers l’arrière des membres inférieurs compensateurs, indispensable pour reculer ce centre de gravité. Ce sont les muscles essentiellement du dos et de l’arrière des cuisses qui interviennent le plus.

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La pratique enseigne que les muscles ischio-jambiers : biceps-crural, demi-tendineux et demi-membraneux sont très contractés alors que le grand fessier l’est peu ou même pas du tout. Les muscles extenseurs de la hanche sont de puissants haubans dans le maintien du bassin en équilibre sur les fessiers. Dans cet exercice, la contraction de ces muscles est une contraction avec élongation ; en effet, au fur et à mesure de la pratique, les insertions proximales et distales s’écartent l’une de l’autre. Du fait de verrouiller les genoux en extension, l’allongement de ces muscles est rapidement à son maximum ; ceci explique la tension ressentie à la face postérieure des cuisses. Notons que si les genoux restent plus ou moins fléchis, il est néanmoins nécessaire dans ce mouvement de déplacer vers l’arrière le centre de gravité du corps par un recul de l’axe coxo-fémoral. Par contre, le frein des muscles ischio-jambiers disparaît.
Dans le mouvement de retour à la position initiale, les muscles ischio-jambiers sont encore contractés, mais cette fois avec raccourcissement. Le muscle grand fessier intervient et participe au redressement. Quand elle est bien effectuée, sans aller trop vers la verticale, en maintenant tout le dos redressé, y compris la zone lombaire (ce qui n’est pas toujours le cas, comme nous l’observons dans l’enseignement), cette façon de faire combat la tendance au dos rond et l’affaissement des épaules. Elle allège tout le système musculo-fascial arrière qui, tout au long de la vie, est en raccourcissement.

. La grande flexion

La rotation du bassin est poussée au maximum, et dans le même temps, il y une flexion de la colonne vertébrale sur toute sa longueur.

La pesanteur agit là aussi comme agent moteur. A elle seule, elle ne pourrait pas produire le mouvement jusqu’à son maximum, car il faut vaincre les résistances dues à l’étirement des muscles et fascias spinaux et postérieurs de la cuisse. Il est alors nécessaire de faire intervenir une force extérieure, soit les mains, soit d’une façon plus simple, les muscles antérieurs du corps, fléchisseurs, vus précédemment. Ainsi, entrent en jeu les fléchisseurs de la hanche, les abdominaux, le relais du sternum, les fléchisseurs du cou. Nous avons détaillé ceux-ci précédemment. L’allongement des muscles ischio-jambiers est ici encore plus grand. Ces muscles croisent en arrière l’articulation du genou ; leur sollicitation peut nécessiter la flexion de ces articulations, flexion évitée dans la positon debout par une contraction des quadriceps, et en position assise, par le rôle joué par le sol. Si dans une flexion assise les genoux sont fléchis, il y a élimination du frein des muscles situés en arrière des cuisses et le mouvement de flexion du bassin est ainsi beaucoup plus facile.

La grande flexion du tronc en avant a principalement pour effet:

– d’étirer tout le système musculo-fascial de l’arrière des jambes, de la colonne vertébrale et du corps.

– d’assouplir la colonne vertébrale en allongeant ses muscles et ligaments profonds.

Elle peut congestionner plus ou moins la partie supérieure du corps à la fois parce qu’elle porte la tête en avant et en bas, et aussi parce qu’elle immobilise et comprime plus ou moins la cage thoracique. Autant d’aspects qu’il ne faut pas oublier dans le choix des contre-postures ou, ce que nous préférons, dans le choix des postures à la fois d’effet complémentaire et contraire.

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Revue Française de Yoga, n° 10, « Flexions et enroulements », 1994, pp. 107-126

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